Avec le papier peint Les vues du Brésil (1829) comme point de départ, Christophe Mauron propose un passionnant voyage sur les traces des émigrés en Amérique latine. Des Fribourgeois s’établissent au Brésil en 1820 et en Argentine en 1856. Des Glânois refont leur vie à Punta Arenas au Chili dans les années 1870, dont la famille de Marie Pittet de la Joux.
Le papier peint Les vues du Brésil a été produit par la manufacture alsacienne Zuber dès 1829, et écoulé depuis à des milliers d’exemplaires. Dessiné par Jean Julien Deltil (1791-1863) d’après un ouvrage de Johann Moritz Rugendas, il propose une vision idéalisée du Brésil depuis la conquête portugaise. Des colons européens y côtoient des habitants autochtones et des esclaves déplacés depuis l’Afrique.
Cette œuvre est contemporaine d’une première tentative de colonisation agricole suisse en Amérique latine: la fondation de Nova Friburgo. Plus de 1600 Suisses dont de nombreux Fribourgeois s’y installent en 1820, après un voyage harassant qui fit de nombreuses victimes. Plusieurs dizaines de milliers de Suisses les suivent sur les routes de l’émigration outre-Atlantique entre 1850 et 1930, dont de nombreux Fribourgeois-e-s.
Cette histoire passionnante éclaire les conditions de vie de nos ancêtres, leurs rêves, leurs espoirs et leur vision du monde. Elle nous fournit aussi des clés pour mieux comprendre les migrations du temps présent.
Christophe Mauron a suivi des études en sciences humaines et muséologie aux Universités de Fribourg et Lausanne (Suisse). Historien et commissaire d’expositions, il est conservateur au Musée gruérien de Bulle depuis 2002 et chef de projet de La Maison des Amériques depuis 2021. Il a consacré de nombreuses expositions et publications à l’émigration suisse en Amérique latine, l’histoire culturelle régionale, les arts visuels et la photographie. Ses thèmes de prédilection sont les images et l’imaginaire, les transitions culturelles et les histoires connectées.

